Ecoles publiques: un accès de plus en plus difficile

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L’accès aux grandes écoles nationales s’avère être une mission difficile pour de nombreux étudiants. En effet, même avec 16 ou 17 de moyenne, la sélection du dossier est parfois compromise. Certains bacheliers marocains fournissent un grand effort afin d’obtenir leur baccalauréat avec une bonne moyenne. Cette dernière devrait leur permettre d’avoir accès aux grandes écoles nationales. Cependant, leur effort n’est pas toujours récompensé. Des bacheliers avec une mention très bien terminent dans les facultés, puisque la moyenne requise pour accéder aux concours des grandes écoles peut atteindre 18/20. La cas d’une bachelière a été flagrant et a été une raison suffisante pour elle pour intégrer l’Union des étudiants pour le changement du système éducatif. En effet, la jeune étudiante a vu son rêve s’envoler quand l’ENA lui a refusé l’accès pour une différence d’un centième. La moyenne exigée à l’ENA était de 17.27, alors que la lycienne avait 17.26. Les autres établissements n’échappent pas à cette logique. Les ENCG dont l’accès se limitait à une mention « assez bien », affichent actuellement des moyennes de 17/20 à Casablanca (filière physique chimie) et de 16/20 pour les autres, principalement dans des filières scientifiques.  Pour éviter de recourir aux universités, Les bacheliers qui ont fait preuve de travail et d’intelligence optent pour des études à l’étranger, provoquant ainsi une forme déguisée de fuite de cerveau.

Le recours de certaines écoles à l’élévation du seuil d’accès aux grandes écoles peut être expliqué par deux facteurs. En premier lieu, existe le doute émis quant à la fiabilité des résultats. En effet en 2012, environ un étudiant sur trois a eu son Baccalauréat avec  mention, le tout avec un taux de réussite qui a dépassé les 90% dans certains lycées. L’enseignement privé à lui seule a réalisé un taux de réussite de 88%. L’absence de réforme au niveau du système national de l’éducation, la surcharge dans les classes et beaucoup d’autres défaillances remettent en question ce saut quantitatif et qualitatif, en matière de réussite. En effet, beaucoup d’experts et de responsables au niveau des écoles estiment que les notes sont gonflées et ne reflètent en rien le niveau réel des bacheliers. Le dopage présumé, s’effectue principalement via les contrôles continus, qui échappent à la surveillance étatique et ce particulièrement dans les écoles privées. Ces dernières, pour qui l’étudiant est « un client », essaient de leur donner satisfaction en leur octroyant des notes élevées. A cela s’ajoute le phénomène de triche au niveau national. 2480 cas ont été enregistrés l’année écoulée témoignant ainsi d’un  grand malaise qui gagne les examens, et qui remet en question leurs résultats.

D’un autre côté la capacité d’accueil qui reste limitée, n’encourage guère l’accès des étudiants. En effet, Les grandes écoles nationales disposent de places dont le nombre est nettement inférieur à celui des étudiants qui les ciblent. Malgré les efforts mis en place dans le cadre du plan d’urgence 2009-2012, le mérite à lui seul ne garantit plus la possibilité d’intégrer certains établissements. A titre d’exemple, la capacité d’accueil de l’ENSA qui dispose de 11 centres ne peut recevoir que 1920 étudiants. La filière de la santé ne se porte pas mieux, puisque les 5 facultés de médecine n’offrent que 1720 postes, tandis que les deux facultés de pharmacies sont uniquement à 200 places.

Avec ces deux contraintes, à savoir la moyenne élevée et la capacité d’accueil très restreinte, les études aux grands instituts nationaux, devient de plus en plus sélectif, voir même élitiste.

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